{"id":1699,"date":"2011-11-09T23:55:52","date_gmt":"2011-11-09T22:55:52","guid":{"rendered":"http:\/\/lettresdurien.wordpress.com\/?p=1699"},"modified":"2013-05-01T23:39:22","modified_gmt":"2013-05-01T21:39:22","slug":"noublie-pas-les-chrysanthemes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ericlaugier.com\/web\/blog\/2011\/11\/09\/noublie-pas-les-chrysanthemes\/","title":{"rendered":"N\u2019oublie pas les chrysanth\u00e8mes"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align:center\"><span class=\"embed-youtube\" style=\"text-align:center; display: block;\"><iframe loading=\"lazy\" class=\"youtube-player\" width=\"700\" height=\"394\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/Rs3QcjKulvM?version=3&#038;rel=1&#038;showsearch=0&#038;showinfo=1&#038;iv_load_policy=1&#038;fs=1&#038;hl=fr-FR&#038;autohide=2&#038;wmode=transparent\" allowfullscreen=\"true\" style=\"border:0;\" sandbox=\"allow-scripts allow-same-origin allow-popups allow-presentation allow-popups-to-escape-sandbox\"><\/iframe><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align:justify\">Je ne l\u2019ai pas encore jet\u00e9e et je sais maintenant pourquoi. Cela n\u2019a rien \u00e0 voir avec une quelconque envie morbide. C\u2019est juste que quoiqu\u2019en disent certaines personnes, au del\u00e0 d\u2019une foi ou d\u2019une croyance quelconque, j\u2019ai toujours ce besoin de d\u00e9cence, ce besoin de r\u00e9alit\u00e9 pleine et froide. Je crois aussi que c\u2019est comme cela lorsqu\u2019on ne poss\u00e8de rien pour se rendre sur un lieu bien pr\u00e9cis, s\u2019y recueillir et juste se vider la t\u00eate&#8230; Sortir cette affection qui est rest\u00e9e et reste toujours coinc\u00e9e dans ce coin de mes pens\u00e9es. Cinq ans et l\u2019on se dit qu\u2019on ne devrait plus se lever le matin et l\u2019avoir encore \u00e0 l\u2019esprit. Et pourtant. Il n\u2019est pas un matin o\u00f9 cela me l\u2019a fait. Et pourtant, je le voudrais. Enfin&#8230; Au moins voudrais-je n\u2019y penser que pour le soulagement de lui dire qu\u2019il reste encore quelqu\u2019un sur cette terre pour qui ta m\u00e9moire n\u2019est pas morte. Apr\u00e8s cela, il ne faut plus y revenir. Je suis s\u00fbr qu\u2019il\/elle comprendrait.<br \/>\nJe sais que je te parle \u201cchinois\u201d quand je te dis tout cela mais que veux-tu ? Je ne te raconte pas tout cela pour que tu entendes quoique ce soit. Je n\u2019ai plus personne \u00e0 convaincre et je suis en train de reconstruire. C\u2019est long. C\u2019est difficile. Il fut un temps o\u00f9 les choses \u00e9taient complexes. Maintenant, elles marient la simplicit\u00e9 des sentiments avec l\u2019esp\u00e8ce de boue \u00e9paisse et collante qui constitue mon ant\u00e9riorit\u00e9. Maintenant quand on me pose la question, je trouve le moyen de r\u00e9pondre avec un ton qui, g\u00e9n\u00e9ralement, choque les personnes. Je n\u2019ai pas perdu l\u2019habitude de maquiller les endroits mouvants avec un sourire niais ou ironique compl\u00e8tement hors du propos.<br \/>\nMais ce n\u2019est m\u00eame pas cela qui fait le plus mal dans tout \u00e7a. C\u2019est surtout de voir que la plupart des personnes pr\u00e9f\u00e8rent le d\u00e9ni m\u00eame quand \u00e7a ne les concerne pas ou plus. Y a peut-\u00eatre encore une ou deux personnes sur cette terre qui ont d\u00e9cid\u00e9 de me laisser le droit d\u2019offrir ma minute \u00e0 ce fant\u00f4me du pass\u00e9. Et encore&#8230; Une seule ne me dira jamais que cela fait encore trop de bruit. Une seule personne qui sait encore que dans ce d\u00e9sordre \u00e9motionnel, il y a une once d\u2019affectif qu\u2019il ne faudra jamais soustraire \u00e0 mes souvenirs. Une seule personne qui ne fuit pas l\u2019\u00e9coute quand un flot continue de paroles plus ou moins \u00e9quilibr\u00e9es, plus ou moins parfum\u00e9es \u00e0 la mode de la grande d\u00e9route au bord de laquelle elle m\u2019a ramass\u00e9. Tu m\u2019as dit que j\u2019\u00e9tais coupable \u00e0 l\u2019\u00e9poque mais pas sur les bonnes raisons. Je le sais. Ce n\u2019\u00e9tait que les tiennes mais fallait que tu les partages et tu en fasses une v\u00e9rit\u00e9. M\u00eame la maladie n\u2019expliquait pas tout. M\u00eame la folie. Tout cela&#8230; \u00c7a ne changeait rien. J\u2019avais ma part. Celle d\u2019avoir laiss\u00e9 filer les mensonges. Celle d\u2019avoir minimis\u00e9 ce que certaines choses pr\u00e9sentaient comme valeur \u00e0 mes yeux. Coupable de m\u2019\u00eatre dit : \u201cPourquoi pas ?\u201d.<br \/>\nPour \u00eatre en vie, il faut \u00eatre deux. Autrement, tu ne sauras pas quand est-ce que tu es mort.<br \/>\nAu moins deux. Et encore, ce n\u2019est pas forc\u00e9ment \u201cceux\u201d que tu crois.<br \/>\nMais&#8230;. Je crois que c\u2019est le moment de se dire \u201cau revoir\u201d&#8230;. Peut-\u00eatre \u201cAdieu\u201d. Bon anniversaire et n\u2019oublie pas les chrysanth\u00e8mes si tu sais encore o\u00f9 il faudrait les d\u00e9poser.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je ne l\u2019ai pas encore jet\u00e9e et je sais maintenant pourquoi. Cela n\u2019a rien \u00e0 voir avec une quelconque envie morbide. C\u2019est juste que quoiqu\u2019en disent certaines personnes, au del\u00e0 d\u2019une foi ou d\u2019une croyance quelconque, j\u2019ai toujours ce besoin de d\u00e9cence, ce besoin de r\u00e9alit\u00e9 pleine et froide. 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