{"id":1770,"date":"2011-11-20T18:19:53","date_gmt":"2011-11-20T17:19:53","guid":{"rendered":"http:\/\/lettresdurien.wordpress.com\/?p=1770"},"modified":"2013-05-01T23:37:22","modified_gmt":"2013-05-01T21:37:22","slug":"la-vie-est-a-notre-portee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ericlaugier.com\/web\/blog\/2011\/11\/20\/la-vie-est-a-notre-portee\/","title":{"rendered":"La vie est \u00e0 notre port\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align:justify\">Le destin est r\u00e9gl\u00e9, invariable, il fait entendre son m\u00e9tronome m\u00eame aux oreilles des gens na\u00efves qui de leur petite hauteur, croient encore pouvoir mener leur vie comme ils voudraient la faire r\u00e9sonner. Ces gens ne planifient pas la danse de leur vie. Ce n\u2019est ni un tango, ni une valse qu\u2019elles imaginent. Simplement, elles croient \u00e0 l&rsquo;impossible et quand leurs paroles trouvent le chemin de leurs l\u00e8vres ou bien de leurs plumes, c\u2019est leur coeur qui trace chaque courbe, chaque plein, chaque d\u00e9li\u00e9 telle une route qui serpente au milieu des montagnes ou au creux de leurs vall\u00e9es. Les mots sont vains, plein de r\u00eaves d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s. Ils sont comme les notes qui sonnent l\u2019harmonique de la symphonie de l\u2019ordinaire qui ne cesse de se jouer.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify\">Je sais que tu te crois moins dou\u00e9e, moins courageuse, moins folle aussi que le genre de personnes que je suis. Je sais que tu comprends leur discours, que tu crois qu\u2019il faut d\u2019abord un plan pour \u00eatre s\u00fbre avant de te lancer. C\u2019est vrai que je n\u2019ai pas ce souci, que je ne sais pas reconna\u00eetre ces emb\u00fbches. Pour moi, elles ne sont que le t\u00e9moignage de ces gens qui ont peur de s\u2019exprimer, qui sont effray\u00e9es \u00e0 l\u2019id\u00e9e de vivre une passion \u00e9ph\u00e9m\u00e8re fichue de peines et pleurs pour lui succ\u00e9der. Je ne peux pas nier que je ne suis pas tent\u00e9 d\u2019\u00eatre l\u2019une d\u2019entre elles \u00e0 chaque instant o\u00f9 le pr\u00e9sent me laisse \u00e0 penser que la seconde d\u2019apr\u00e8s sera incertaine mais faut-il c\u00e9der devant cela ? Je te l\u2019ai dit hier. Je ne veux pas planifier, je ne veux pas me rassurer sur l\u2019avenir au cas o\u00f9 si je rencontre le bonheur avoir \u00e0 m\u2019interroger si c\u2019est ma raison ou mon affection qui l\u2019a souffl\u00e9. \u201cTout le monde ne peut pas faire ainsi&#8230;\u201d. Je sais. Tout le monde n\u2019a pas forc\u00e9ment le moyen de pouvoir s\u2019extirper de leur r\u00e9alit\u00e9 mais ont-ils au moins une fois essay\u00e9 ? Et quand bien m\u00eame l\u2019ont-ils fait, quand bien m\u00eame ont-ils \u00e9t\u00e9 d\u00e9\u00e7us, ont-ils pleur\u00e9, qu\u2019ont-ils vraiment ressenti ? Qu\u2019ont-ils gard\u00e9 de cet instant de gr\u00e2ce ? Que donneraient-ils pour le retrouver et que savent-ils sur sa soi-disante bri\u00e8vet\u00e9 ? Est-ce vraiment une fatalit\u00e9 ou bien un voile que l\u2019on jette sur le tableau pour \u00e9viter de souffrir sa beaut\u00e9 ? M\u00eame les chaos, les incidents, les anfractuosit\u00e9s font partie de cette vie. C\u2019est juste que l\u2019on a ferm\u00e9 les yeux dessus, que l\u2019on a su serrer les dents et agripper la main qui s\u2019est tendue \u00e0 ce moment : fut-elle la n\u00f4tre propre ou bien celle de l\u2019ami qui est rest\u00e9 \u00e0 nos c\u00f4t\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify\">C\u2019est de la po\u00e9sie que ces gens attendent pour sentir le vent sur leurs visages, pour regarder le rivage qui s\u2019offre \u00e0 eux de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9. Les gens sont petites qu\u2019elles restent les pieds ancr\u00e9s \u00e0 leur terre, fut-elle nourrici\u00e8re, fertile. Cette terre \u00a0en garde un l\u00e9ger go\u00fbt de rance, une odeur de formol. Les fleurs qui y poussent, ont beaucoup moins de couleurs et de parfum quand elles \u00e9closent de ce c\u00f4t\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify\">Je sais. Je reste moi. Un m\u00e9lancolique, un gars qui ne r\u00eave pas comme les autres l\u2019entendent. Un gars qui ne partage aucune vision de l\u2019avenir pour servir d\u2019app\u00e2t, ni pour l\u2019empoisonner. Je n\u2019offre qu\u2019un pr\u00e9sent habill\u00e9 aux couleurs de la seconde qui s\u2019\u00e9coule, f\u00fbt-elle v\u00eatue d\u2019un sourire, d\u2019une grimace ou bien du verre de trop qui l\u2019a saoul\u00e9e. Je peux \u00e9crire des mots, d\u00e9crire des paysages, inventer des fictions, imaginer des correspondances empreintes de passion ou bien de gravit\u00e9 mais je ne peux pas \u00e9crire la vie telle que je la veux vivre, telle que je crois que tu me la feras partager. Mes yeux m\u2019aveuglent et les tiens aussi. Ils ne sauront jamais regard\u00e9 autrement qu\u2019au travers de la direction vers laquelle ils sont lanc\u00e9s. Alors s\u2019il existe une fatalit\u00e9, je pense qu\u2019il nous reste encore le choix de la direction o\u00f9 notre regard est port\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le destin est r\u00e9gl\u00e9, invariable, il fait entendre son m\u00e9tronome m\u00eame aux oreilles des gens na\u00efves qui de leur petite hauteur, croient encore pouvoir mener leur vie comme ils voudraient la faire r\u00e9sonner. Ces gens ne planifient pas la danse de leur vie. Ce n\u2019est ni un tango, ni une valse qu\u2019elles imaginent. 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