{"id":1921,"date":"2012-01-09T22:41:34","date_gmt":"2012-01-09T21:41:34","guid":{"rendered":"http:\/\/lettresdurien.wordpress.com\/?p=1921"},"modified":"2013-05-01T23:26:21","modified_gmt":"2013-05-01T21:26:21","slug":"car-ca-en-vaut-vraiment-la-peine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ericlaugier.com\/web\/blog\/2012\/01\/09\/car-ca-en-vaut-vraiment-la-peine\/","title":{"rendered":"Car \u00e7a en vaut vraiment la peine."},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align:justify\">Un jour, quand j\u2019aurais trop bu, quand je n\u2019aurais plus aucune fronti\u00e8re, je saurais te dire la v\u00e9rit\u00e9. Elle n\u2019a rien de glamour, ni de romantique \u00e0 moins que la mort puisse avoir quelque chose de s\u00e9duisant. J\u2019ai toujours fui mais je crois que je n\u2019avais pas peur sauf de moi-m\u00eame. Cette v\u00e9rit\u00e9, je l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 partag\u00e9 avec elle. Tu sais, elle&#8230; Oui. Sauf qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait pas l\u00e0 pour entendre ni m\u00eame m\u2019\u00e9couter. J\u2019ai partag\u00e9 la chose la plus intime de moi-m\u00eame avec la seule personne qui n\u2019\u00e9tait pas pr\u00eate \u00e0 comprendre, dont les d\u00e9mons \u00e9taient tels qu\u2019elle n\u2019avait aucune chance de pouvoir saisir l\u2019importance de l\u2019aveu. Il est des jours qui sont ironiques. Dans le silence, on finit par l\u2019ignorer. Je ne cherche pas d\u2019excuse, ni m\u00eame \u00e0 me faire pardonner d\u2019une quelconque faute, d\u2019une quelconque parole d\u00e9plac\u00e9e. Je veux juste quelqu\u2019un avec qui j\u2019aurais suffisamment confiance pour partager. Des torts, j\u2019en ai. Cependant, je ne veux pas en \u00eatre comptable. Je ne veux pas \u00eatre redevable envers quiconque. Je ne veux pas d\u00e9placer la peine, ni les larmes sur le dos de quelqu\u2019un d\u2019autre dont le seul r\u00f4le dans l\u2019histoire serait d\u2019\u00eatre celui ou celle qui porte tout sur ses \u00e9paules. Je l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 dit mais, \u00e0 dix-sept ans, on n\u2019a pas la m\u00eame conception de la vie que l\u2019on peut avoir apr\u00e8s. On croit \u00e0 deux choses et \u00e0 deux choses oppos\u00e9es et absolues. On croit que chaque d\u00e9cision que l\u2019on prend, fera ou ne fera pas de nous quelqu\u2019un de bien de mani\u00e8re irr\u00e9m\u00e9diable. Et l\u2019on croit aussi que l\u2019on est immortel. On ne croit pas au poids des mots et des gestes. On se dit que l\u2019autre est un peu comme nous. Il a cette inspiration vers l\u2019absolu, la perfection, l\u2019in\u00e9luctable mais que rien ne viendra le briser. On croit que tout est litt\u00e9rature. \u201cO Capitaine, mon Capitaine\u201d&#8230; et tout le reste, tu vois ? Et puis, voil\u00e0 qu\u2019on se tra\u00eene cette histoire qui nous enseigne que le coeur comme la t\u00eate ont des limites. On ne peut pas comme dans l\u2019effet papillon, modifier nos souvenirs et que d\u2019un seul coup, l\u2019histoire va se raconter autrement. Non. Ce n\u2019est pas comme cela que \u00e7a marche. La m\u00e9moire est une tare. C\u2019est un boulet que l\u2019on se tra\u00eene et c\u2019est encore pire lorsqu\u2019on a pris l\u2019habitude de l\u2019\u00e9crire. Je me suis aper\u00e7u de cela, figure-toi&#8230; Sauf que je n\u2019ai jamais voulu changer quoique ce soit. Au moment o\u00f9 j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 que je pouvais oublier, j\u2019ai rencontr\u00e9 le seul \u00e9v\u00e9nement de ma vie que je ne voulais en aucun cas effacer&#8230; Je l\u2019avais tellement imagin\u00e9, r\u00eav\u00e9, con\u00e7u et pr\u00e9par\u00e9 que le jour o\u00f9 il s\u2019est d\u00e9roul\u00e9, pas comme je l\u2019aurais voulu&#8230;. Je me suis rendu compte que rien ne pouvait remplacer la r\u00e9alit\u00e9. M\u00eame si la douleur est insupportable, on ne veut pas revenir dessus. Ce n\u2019est pas question d\u2019\u00eatre masochiste, d\u2019\u00eatre rebelle envers l\u2019ordre naturel. Non, rien de tout cela. On se rend compte seulement qu\u2019on est vrai que lorsqu\u2019on est pouss\u00e9 \u00e0 l\u2019extr\u00eame. Qu\u2019on peut \u00eatre fier de nous-m\u00eames que dans le fait qu\u2019on n\u2019a rien accept\u00e9. J\u2019ai des doutes quant \u00e0 ce que tu puisses comprendre cela mais tu ne m\u2019en voudras pas parce que tu en as autant \u00e0 dire pour moi-m\u00eame : c\u2019est la magie de l\u2019\u00eatre et son insupportable aveuglement. Alors oui&#8230; Je sais qu\u2019un jour, le d\u00e9passement de ma limite fera que je serais faible et compl\u00e8tement honn\u00eate envers toi. Mais je sais aussi qu\u2019\u00e0 ce moment-l\u00e0, tu seras tellement accapar\u00e9e par l\u2019obsession de toi-m\u00eame que tu ne le remarqueras m\u00eame pas. C\u2019est triste peut-\u00eatre&#8230; Mais c\u2019est ce qui fait notre humanit\u00e9. Alors. Tu devrais vraiment sourire et m\u2019embrasser&#8230; Car \u00e7a en vaut vraiment la peine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un jour, quand j\u2019aurais trop bu, quand je n\u2019aurais plus aucune fronti\u00e8re, je saurais te dire la v\u00e9rit\u00e9. Elle n\u2019a rien de glamour, ni de romantique \u00e0 moins que la mort puisse avoir quelque chose de s\u00e9duisant. J\u2019ai toujours fui mais je crois que je n\u2019avais pas peur sauf de moi-m\u00eame. 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