{"id":2037,"date":"2012-05-08T18:08:33","date_gmt":"2012-05-08T16:08:33","guid":{"rendered":"http:\/\/lettresdurien.wordpress.com\/?p=2037"},"modified":"2012-05-08T18:08:33","modified_gmt":"2012-05-08T16:08:33","slug":"on-nsait-jamais-avec-caelie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ericlaugier.com\/web\/blog\/2012\/05\/08\/on-nsait-jamais-avec-caelie\/","title":{"rendered":"On n&rsquo;sait jamais (avec Caelie)"},"content":{"rendered":"<p><em>Odeurs bois\u00e9es. Les mains jointes. Il y a un ruisseau, perdu, dans la vall\u00e9e. Et nous buvons. Nous buvons \u00e0 en perdre la t\u00eate.<\/em><\/p>\n<p><em>Il y a ces moments inachev\u00e9s qui virevoltent parmi les feuilles d\u2019automne avec une couleur de terre.<\/em><\/p>\n<p><em>Nous bernons le soleil et ses nuages comme si demain n\u2019existait pas, et je n\u2019ai qu\u2019un l\u00e9ger pull sur les \u00e9paules. Mais maill\u00e9 par tes soins, il m\u2019enveloppe \u00e0 merveille.<\/em><\/p>\n<p><em>Odeurs bois\u00e9es, sous tes cheveux, sous tes paumes press\u00e9es contre mes joues.<\/em><\/p>\n<div align=\"right\"><em>Il y a la lune. Il y a les pav\u00e9s.<\/em><em>Des fleurs, n\u2019en reste qu\u2019une,<\/em><br \/>\n<em> celle qui s\u2019est accroch\u00e9e.<\/em><em>Celle \u00e0 l\u2019odeur des rancunes,<\/em><br \/>\n<em> celle qu\u2019on voudrait incendier.<\/em><\/p>\n<p><em>Elle est la derni\u00e8re trace d\u2019une guerre o\u00f9 nous n\u2019avons jamais mis les pieds. On le sait. Ce n\u2019est pas cela qui nous fera reculer.<\/em><\/p>\n<p><em>J\u2019ai le regard d\u2019hier qui s\u2019emp\u00eatre dans le fouillis de mes demains.<\/em><br \/>\n<em> A deux doigts de ton \u00eatre, et \u00e0 te prendre \u00e0 deux mains.<\/em><\/p>\n<p><em>J\u2019ai des lettres \u00e0 l\u2019aurore que je n\u2019ai pas envoy\u00e9es. Je ne veux pas faire l\u2019effort car je veux encore croire, ne serait-ce un instant, qu\u2019\u00e0 une encablure de ton port, j\u2019ai le droit d\u2019oublier.<\/em><\/p>\n<p><em>D\u2019oublier le reste du monde, d\u2019\u00eatre juste l\u00e0, avec toi et la rivi\u00e8re \u00e0 nos c\u00f4t\u00e9s.<\/em><\/p>\n<\/div>\n<p><em>Nous rentrons bient\u00f4t. La maison n\u2019est pas loin. Nous avons notre chambre au premier. Un \u00e9crin de poussi\u00e8re est pos\u00e9 sur la table de chevet.<\/em><\/p>\n<p><em>Il y a des photos. De belles photos. De vieilles photos.<\/em><\/p>\n<p><em>J\u2019aurais voulu oublier le reste du monde beaucoup plus t\u00f4t. Faut-il croiser ses doigts de pied pour esp\u00e9rer un peu plus qu\u2019une simple pluie d\u2019\u00e9toiles un soir d\u2019\u00e9t\u00e9 ?<\/em><\/p>\n<p><em>J\u2019ai peur d\u2019oublier, sais-tu, que l\u2019aurore est jolie quand elle dispara\u00eet doucement. Et je ne veux pas dispara\u00eetre.<\/em><\/p>\n<p><em>Encadre-moi. Peins-moi ton ciel sur les hanches, que je te porte quelque part.<\/em><\/p>\n<div align=\"right\"><\/div>\n<div align=\"right\"><\/div>\n<div align=\"right\"><em>A na\u00eetre de l\u2019esquive, un jour nous serons rois. Rois de cette autre rive o\u00f9 il \u00e9tait une fois&#8230; Un conte o\u00f9 les lascives \u00e9crivent m\u00eame leur loi, qu\u2019elles portent dans des missives, \u00e0 l\u2019autre bout d\u2019un toi que je cherche dans l\u2019ombre derri\u00e8re moi.<\/em><\/div>\n<div align=\"right\">\n<p><em>Nous serons heureux. Incapables de savoir pourquoi ni comment, mais nous le serons.<\/em><\/p>\n<p><em>Le jour ou la nuit, s\u00e9par\u00e9s ou bien ensemble, nous ne serons jamais bien loin l\u2019un de l\u2019autre.<\/em><\/p>\n<p><em>Il y a des gens qui raconteront que ce qu\u2019on aura v\u00e9cu n\u2019\u00e9tait qu\u2019une amourette parce qu\u2019ils comptent les heures comme des minutes et les mois comme les heures. Ils croient que le temps est un fil qui avance \u00e0 une allure constante quoiqu\u2019on fasse, quoiqu\u2019on vive et quoiqu\u2019on pense. Alors que rien ne lasse et que le tout ressasse le flanc de la rivi\u00e8re, la branche du buisson et le soleil d\u2019\u00e9t\u00e9 sur ta robe bonbon. M\u00eame l\u2019odeur rappellera la sueur qui le long de ton cou, perle avant son rendez-vous, la fragrance des fleurs renvers\u00e9es sur le sol au milieu de nos bouts, dans les vagues des draps.<\/em><\/p>\n<\/div>\n<p><em>Fermer les yeux. Je ne veux que fermer les yeux et sentir tes mains dans ce cou si anxieux.<\/em><\/p>\n<p><em>Je me tairai, bien s\u00fbr, malgr\u00e9 tous ces mots qui frapperont ma langue dans l\u2019espoir de s\u2019envoler vers ton regard.<\/em><\/p>\n<p><em>Je me tairai, car mes pupilles voudront te dire bien plus encore.<\/em><br \/>\n<em> Que l\u2019instant soit rompu par des paroles de trop, celles de tous ces gens qui ne nous connaissent pas, peu m\u2019importe, c\u2019est \u00e0 tes mains que ma m\u00e9moire \u00e9crit de vraies p\u00e9tales. Elles vivent l\u2019histoire comme nous la contions. Prends mon bras. Ils nous restent un peu de temps avant, tu sais \u2026<\/em><\/p>\n<p><em>Les cerisiers seront bient\u00f4t en fleurs.<\/em><\/p>\n<div align=\"right\"><\/div>\n<div align=\"right\"><em>Je me tais. Je nous laisse un silence, un soupir, une respiration.<\/em><br \/>\n<em>Tu me tournes le dos et je sens bien ton regard qui voit plus loin que l\u2019aplat impeccable du mur qu\u2019il contemple.<\/em><\/div>\n<div align=\"right\">\n<p><em>Je devine ce sourire qui s\u2019\u00e9tale sur tes l\u00e8vres, la fossette resquilleuse se moquant de mes mains baladeuses qui tra\u00eenent \u00e0 la lagune d\u00e9s\u0153uvr\u00e9e.<\/em><\/p>\n<p><em>Tu ne me demandes pas si je suis bien. Tu le sais. A la mani\u00e8re dont mes doigts te fr\u00f4lent et provoquent cette chair de poule qui te fait frissonner. Je te connais par c\u0153ur m\u00eame sur ces terres que je n\u2019ai jamais explor\u00e9es. Je me perdrai s\u00fbrement en chemin mais je saurai encore o\u00f9 il me faut aller.<\/em><\/p>\n<p><em>Tu es mon parchemin et ma langue \u00e9trang\u00e8re. Mon voyage au lointain.<\/em><br \/>\n<em> Donne-moi ton plan de vol, le nom de tes escales que je puisse tracer cette ligne improbable le long de tes contr\u00e9es avant que notre petite mort nous dise que l\u2019aube s\u2019est lev\u00e9e.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align:center\"><a href=\"http:\/\/www.lapassiondespoemes.com\/?action=userinfo&amp;ID=6127\">Caelie<\/a> &amp; Tilou<\/p>\n<p style=\"text-align:center\">avril-mai 2012<\/p>\n<pre style=\"text-align:center\">(publication originale sur LPDP : <a href=\"http:\/\/www.lapassiondespoemes.com\/?action=viewpost&amp;ID=1799&amp;cat=9\">ici<\/a>)<\/pre>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Odeurs bois\u00e9es. Les mains jointes. Il y a un ruisseau, perdu, dans la vall\u00e9e. Et nous buvons. Nous buvons \u00e0 en perdre la t\u00eate. Il y a ces moments inachev\u00e9s qui virevoltent parmi les feuilles d\u2019automne avec une couleur de terre. 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