{"id":2168,"date":"2013-05-01T23:14:38","date_gmt":"2013-05-01T21:14:38","guid":{"rendered":"http:\/\/ericlaugier.com\/web\/?p=2168"},"modified":"2013-05-01T23:14:38","modified_gmt":"2013-05-01T21:14:38","slug":"ne-plus-tenvahir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ericlaugier.com\/web\/blog\/2013\/05\/01\/ne-plus-tenvahir\/","title":{"rendered":"Ne plus t&rsquo;envahir."},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai toujours esp\u00e9r\u00e9 que la r\u00e9alit\u00e9 soit diff\u00e9rente de celle que j\u2019envisageais. Depuis que je suis enfant. Depuis un certain instant dont je ne me rappelle plus. Depuis ce moment o\u00f9 il m\u2019est apparu \u00e9vident qu\u2019il n\u2019y avait rien \u00e0 attendre des autres. Je suis pourtant comme eux, comme vous aussi, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 bien \u00e9lev\u00e9 ou bien plut\u00f4t, pour \u00e9viter un jugement de valeur trop brutal, dans la norme. Je ne pense pas que l\u2019on m\u2019ait inculqu\u00e9 des r\u00e8gles ou des concepts tr\u00e8s diff\u00e9rents de la plupart ; en revanche, je pense que j\u2019ai eu des r\u00e9actions qui l\u2019\u00e9taient un peu moins. Mes parents voulaient que je me sente bien depuis ma naissance, cela a toujours \u00e9t\u00e9 le leitmotiv de chaque mot, de chaque phrase qu\u2019ils \u00e9taient amen\u00e9s \u00e0 prononcer, de chaque geste qu\u2019ils pouvaient avoir \u00e0 mon attention. Je leur suis reconnaissant de cela car en fait, je comprends. Je comprends leurs intentions m\u00eame si elles n\u2019ont fait que m\u2019effleurer ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e sans vraiment me convaincre. La v\u00e9rit\u00e9 derri\u00e8re cela, c\u2019est aussi que je me suis toujours efforc\u00e9 de douter de ma propre conviction. Je pense que c\u2019est une r\u00e9action humaine. Quand bien m\u00eame l\u2019on a le d\u00e9sir de se d\u00e9marquer des autres, on a l\u2019envie diam\u00e9tralement oppos\u00e9e de se confondre avec eux. Pour se sentir un peu moins seul ou quelque chose dans ce go\u00fbt-l\u00e0. Au final, c\u2019est cela qui nous fait avancer, je crois. Essayer de trouver le chemin qui se trouve entre notre propre besoin de nous affirmer et la volont\u00e9 d\u2019\u00eatre. On ne peut pas \u00eatre sans les autres. On est vraiment conscient de ce que l\u2019on est que lorsqu\u2019on est confront\u00e9 \u00e0 un tiers. Sinon, \u00e7a reviendrait \u00e0 se tenir debout devant une toile impeccablement blanche et sans reflet. On avancerait s\u00fbrement, avec ce que certains appellent notre instinct animal mais on ne saurait jamais que l\u2019on est. Une entit\u00e9 unique qui ne peut pas voir son image dans quelque miroir ne peut pas avoir conscience qu\u2019elle est une entit\u00e9. Elle ne peut surtout pas comprendre la limite qu\u2019il y a entre elle et son environnement. Chaque geste va modeler son environnement et suivre une logique peut-\u00eatre parfois chaotique mais somme toute logique, froide, presque math\u00e9matique. Certains peuvent \u00eatre en extase devant cela car pour eux, c\u2019est un stade ultime de perfection. L\u2019environnement qui se confond \u00e0 l\u2019entit\u00e9 qui s\u2019y meut. C\u2019est une sorte d\u2019osmose et cette osmose renifle la m\u00eame odeur que la perfection. Mais la perfection est uniforme bien qu\u2019elle puisse se parer d\u2019un d\u00e9sordre apparent un peu comme les fractales de Mandelbrot. Cela reste une r\u00e9p\u00e9tition math\u00e9matique. Le temps, le mouvement et toutes ces autres dimensions que nous sommes incapables de percevoir, si l\u2019on reste attach\u00e9 \u00e0 elles ne sont qu\u2019une valse, qu\u2019une chanson dont le th\u00e8me se r\u00e9p\u00e8te m\u00eame si l\u2019on change la gamme, le timbre. Je ne veux pas me plier \u00e0 cela. Mais comme dirait l\u2019autre, ce qui met l\u2019improbable amas de neurones dans un \u00e9tat d\u2019\u00e9bullition, c\u2019est de se dire que peut-\u00eatre, cette r\u00e9action que certains vont appeler de tout leur coeur, n\u2019est en fait que la r\u00e9p\u00e9tition m\u00e9canique d\u2019un syst\u00e8me dont le seul m\u00e9canisme de d\u00e9fense est de produire une illusion pour r\u00e9tablir l\u2019\u00e9quilibre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand on y repense, si l\u2019on s\u2019\u00e9loigne d\u2019un raisonnement de math\u00e9matique pure et que l\u2019on observe notre vie dans ses m\u00e9andres. Ces moments o\u00f9 l\u2019on a ri, o\u00f9 l\u2019on a pleur\u00e9, o\u00f9 l\u2019on est rentr\u00e9 en conflit par rapport \u00e0 un \u00e9v\u00e9nement ou un autre : n\u2019\u00e9tait-ce pas l\u00e0 une mani\u00e8re de contenir cette potentielle bifurcation ? Les gens ont une particularit\u00e9 bien ancr\u00e9e. Ils ne savent pas endurer. Ils ne peuvent pas penser quelque chose, ressentir quelque chose sans avoir \u00e0 un moment donn\u00e9, le besoin de l\u2019exprimer, de le manifester. Untel a retrouv\u00e9 son \u00e9quilibre via la religion, un autre va le traduire dans des mots dans sa po\u00e9sie, un autre encore va se retourner contre lui-m\u00eame et ce n\u2019est l\u00e0 qu\u2019un petit \u00e9ventail de possibilit\u00e9. Le fond reste : quelque soit la mani\u00e8re, on traduit son ressenti dans un mode d\u2019expression, on le sort de nous car tant que cela reste \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, on ne sait qu\u2019en faire. Que ce soit un sentiment d\u2019amour, que ce soit une tristesse ou m\u00eame douleur, on ne sait pas vivre en l\u2019affrontant de l\u2019int\u00e9rieur. C\u2019en est m\u00eame devenu une science. Et quelque part, peut-\u00eatre le d\u00e9but de la fin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je ne suis pas l\u00e0 pour donner de le\u00e7on \u00e0 personne, j\u2019ai fait la m\u00eame chose quand bien m\u00eame mes motivations \u00e9taient diff\u00e9rentes. Je crois seulement que tout cela est une erreur. En faisant tout ceci, on remplit le monde de notre propre image jusqu\u2019\u00e0 nous masquer celle de celui ou celle qui nous fait face. On n\u2019est incapable de se voir. L\u2019autre n\u2019est plus d\u2019un mince filet de lumi\u00e8re qui teinte notre univers mais dont on n\u2019a plus concience. Je ne suis pas encore certain que cette raison soit l\u2019unique, qu\u2019elle soit l\u2019alpha et l\u2019om\u00e9ga de ce mal-\u00eatre rampant mais toujours plus pr\u00e9gnant. J\u2019ai juste le doute. L\u2019impression qu\u2019en envahissant le territoire de l\u2019autre et en le recouvrant de ma propre peinture plut\u00f4t que de laisser les lieux intacts, je suis incapable de voir autre chose que ma subjectivit\u00e9. Qu\u2019aim\u00e9-j\u00e9 lorsque je vais vers l\u2019autre pour lui exprimer mon amour : moi dans ce sentiment ou lui avec ce qu\u2019il me renvoie de ce sentiment. O\u00f9 est la fronti\u00e8re ? Ne devrais-je pas envahir mon univers de lui, de ce que je crois \u00eatre son ressenti plut\u00f4t que d\u2019exprimer ce qui, moi, me fait vibrer ? Je ne sais pas. Mais j\u2019ai l\u2019impression que l\u2019univers sera plus grand lorsque j\u2019aurais franchi mes propres fronti\u00e8res.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J\u2019ai toujours esp\u00e9r\u00e9 que la r\u00e9alit\u00e9 soit diff\u00e9rente de celle que j\u2019envisageais. Depuis que je suis enfant. Depuis un certain instant dont je ne me rappelle plus. 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