{"id":242,"date":"2009-10-13T20:51:38","date_gmt":"2009-10-13T18:51:38","guid":{"rendered":"http:\/\/lettresdurien.wordpress.com\/?p=242"},"modified":"2009-10-13T20:51:38","modified_gmt":"2009-10-13T18:51:38","slug":"la-fille-aux-cheveux-rouges","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ericlaugier.com\/web\/blog\/2009\/10\/13\/la-fille-aux-cheveux-rouges\/","title":{"rendered":"La fille aux cheveux rouges"},"content":{"rendered":"<p><em>On aurait dit une fille de mauvaise vie, avec ses cheveux rouges, ses jupons trop volants. Son \u00e2me \u00e9tait r\u00e9sille quand on ne s&rsquo;aventurait pas assez prudemment. Peut-\u00eatre qu&rsquo;une brindille l&rsquo;aurait mari\u00e9e au vent, quand elle se faisait manille entre les amours vaines et les bonheurs trichants.<br \/>\nAu gr\u00e9 des reculades, des \u00ab j&rsquo;veux aller de l&rsquo;avant \u00bb, elle \u00e9tait une petite fille qui ne savait pas vraiment, o\u00f9 ses mar\u00e9es montaient, eaux vertes d\u00e9ssalants, sur les pr\u00e9s qui fleuraient le z\u00e9nith rasant. Il y avait toujours la trace de rouge sur le bord de ses l\u00e8vres, celle qui d\u00e9passe, celle qui te lasse parce qu&rsquo;elle dessine cette image, cette silhouette qu&rsquo;elle n&rsquo;aime pas vraiment, celle qui r\u00e9siste, qui se colle \u00e0 ton col m\u00eame si elle ne te laisse aucune trace de sang. Du sang, il n&rsquo;y en avait qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9veil, apr\u00e8s la vie, apr\u00e8s M\u00e9nilmontant, apr\u00e8s qu&rsquo;on ait cousu l&rsquo;hier sur cet intestin gr\u00eale qui va en se nouant. On parcourt le pr\u00e9sent avec les mains dans le dos, on joue \u00e0 la marelle mais l&rsquo;amour c&rsquo;est flippant. C&rsquo;est comme un grand bal pour d\u00e9butants, on se marche sur les pieds alors qu&rsquo;on voudrait bien, qu&rsquo;on voudrait tant. Une valse parfois, un tango sur trois temps, un coup pour faire comme si, un autre, le temps qu&rsquo;on ment, et le dernier pour en \u00e9crire le roman.<br \/>\nElle avait ses paumes ajust\u00e9es sur le bord des paupi\u00e8res, le nez retrouss\u00e9 par la brise et un sourire qui embrassait le ciel telle la figure de proue d&rsquo;un vaisseau immobile&#8230; Le dos cambr\u00e9, les hanches esquiss\u00e9es sur le roulis arri\u00e8re de la mer des marins naufrag\u00e9s en qu\u00eate de sa terre. Quand on fermait les yeux, on la voyait encore, comme une empreinte que l&rsquo;on ne peut d\u00e9faire, comme une chevali\u00e8re qui s&rsquo;agrippe aux doigts. Quelles ombres oseraient griffer la piste, l&rsquo;avant-bras du funambule qui \u00e9quilibre l&rsquo;artiste quand il travaille les cavit\u00e9s hautaines et les m\u00e9andres d&rsquo;une veine&#8230; On aura beau lui dire que c&rsquo;est le dernier m\u00e9tro, l&rsquo;instant qui se gaine avant la tomb\u00e9e du rideau&#8230; Sans cesse, sans \u00e9gard, ni m\u00eame le soup\u00e7on d&rsquo;un hasard, c&rsquo;est l&rsquo;absurde des alluvions les d\u00e9risions de sa Seine. Elle est le b\u00e9b\u00e9, l&rsquo;\u00e9ternel renouveau, l&rsquo;impitoyable rengaine de l&rsquo;enfance sacrifi\u00e9e \u00e0 l&rsquo;autel de ce qu&rsquo;on croyait \u00eatre de marbre, mais un peu plus chaud, celle dont on se fait le refrain d&rsquo;une indicible chanson.<br \/>\nElle ferme les yeux, le derme \u00e0 l&rsquo;\u00e9picentre du tourbillon de la vie, des reflux dont on ne sait toucher ni la fin, ni l&rsquo;extr\u00eame. Elle termine le voyage sur l&rsquo;encolure qui s&rsquo;est \u00e9tendue l\u00e0, dans les \u00e9toiles anciennes de pupilles amoureuses, cas\u00e9e, comme \u00e7a au creux de ces bras la ceignent tout en l&rsquo;ayant perdue.<br \/>\n[&#8230;]<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On aurait dit une fille de mauvaise vie, avec ses cheveux rouges, ses jupons trop volants. Son \u00e2me \u00e9tait r\u00e9sille quand on ne s&rsquo;aventurait pas assez prudemment. Peut-\u00eatre qu&rsquo;une brindille l&rsquo;aurait mari\u00e9e au vent, quand elle se faisait manille entre les amours vaines et les bonheurs trichants. 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