{"id":343,"date":"2010-05-13T02:23:57","date_gmt":"2010-05-13T00:23:57","guid":{"rendered":"http:\/\/lettresdurien.wordpress.com\/?p=343"},"modified":"2010-05-13T02:23:57","modified_gmt":"2010-05-13T00:23:57","slug":"je-ne-devrais-pas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ericlaugier.com\/web\/blog\/2010\/05\/13\/je-ne-devrais-pas\/","title":{"rendered":"Je ne devrais pas"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align:justify\">Rue Crim\u00e9e. A deux pas du Cours Florent. Je passe devant quasiment et je me rends compte chaque jour que je n&rsquo;y suis plus. Que les ann\u00e9es ont pass\u00e9 et que ce n&rsquo;est pas pour rien qu&rsquo;il me pousse des cheveux blancs. Ce n&rsquo;est pas une id\u00e9e qui me pr\u00e9occupe. Je constate seulement. Dans quelques mois, je referai une nouvelle fois mes cartons pour m&rsquo;en aller. D\u00e9placer le peu d&rsquo;affaires dans un nouveau lieu. Ce qu&rsquo;il me reste car la plupart, je les ai jet\u00e9es. Je n&rsquo;ai plus d&rsquo;attache vraiment. Les attaches sont ailleurs. Et la vie m&#8217;emm\u00e8ne ailleurs. J&rsquo;aimerais parfois que tu me donnes une raison pour arr\u00eater cet exil. Mais comment parler d&rsquo;exil lorsqu&rsquo;on n&rsquo;a jamais vraiment eu de maison. M\u00eame pendant ce court instant o\u00f9 l&rsquo;on aurait pu dire que je m&rsquo;\u00e9tais install\u00e9, ce n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;une illusion d&rsquo;optique. Ce n&rsquo;est pas \u00e7a qui me fait sourire. Ce n&rsquo;est pas \u00e7a qui me fait r\u00eaver. Des r\u00eaves \u00e0 moi, je n&rsquo;en ai pas. Tu connais le refrain. C&rsquo;est toujours le m\u00eame. Et pourtant, on cherche des signes. M\u00eame toi, tu en cherches. Ce n&rsquo;est pas qu&rsquo;on ne sait pas o\u00f9 l&rsquo;on va. C&rsquo;est surtout qu&rsquo;on ne sait pas comment. L\u00e0, maintenant, c&rsquo;est comme \u00e7a et demain\u00a0? Demain, c&rsquo;est loin. Sur les documents de pr\u00e9voyance, j&rsquo;h\u00e9site \u00e0 mettre son nom. Je n&rsquo;ai pas envie d&rsquo;expliquer. Je n&rsquo;ai pas envie de me justifier. Je sais pourquoi, c&rsquo;est et \u00e7a restera comme \u00e7a. Ca me fait rire des fois car il y en a pour qui, \u00e7a leur fait penser \u00e0 la libert\u00e9. La libert\u00e9 de qui. La libert\u00e9, pourquoi. Pour juste histoire de dire&#8230; Moi. C&rsquo;est un peu ridicule, non\u00a0: tu ne trouves pas\u00a0? \u00ab\u00a0Tu devrais en profiter parce qu&rsquo;apr\u00e8s&#8230; c&rsquo;est plus la m\u00eame chose&#8230;\u00a0\u00bb C&rsquo;est ce qu&rsquo;ils te disent et toi, tu souris. T&rsquo;aurais bien envie de leur dire que leur \u00ab\u00a0apr\u00e8s\u00a0\u00bb, c&rsquo;est loin d&rsquo;\u00eatre le bagne&#8230; Et puis&#8230; Ils ne connaissent pas encore l&rsquo;apr\u00e8s de leur apr\u00e8s. A ce moment, ils verront. Toi, t&rsquo;as d\u00e9j\u00e0 \u00ab\u00a0profit\u00e9\u00a0\u00bb&#8230; T&rsquo;as fait d\u00e9filer les jours \u00e0 la vitesse des ann\u00e9es, t&rsquo;as enterr\u00e9 deux gosses avant m\u00eame qu&rsquo;eux n&rsquo;aient ne serait-ce que l&rsquo;id\u00e9e de se marier.<br \/>\nMais tout \u00e7a&#8230; Ce n&rsquo;est pas bien. C&rsquo;est juste parce que je suis anxieux. J&rsquo;y suis pour rien et je ne devrais pas. C&rsquo;est la deuxi\u00e8me. Je devrais finir par m&rsquo;habituer. Mais bon&#8230; Il faut bien des constantes pour suivre la vie et marcher sur ses pas.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rue Crim\u00e9e. A deux pas du Cours Florent. Je passe devant quasiment et je me rends compte chaque jour que je n&rsquo;y suis plus. Que les ann\u00e9es ont pass\u00e9 et que ce n&rsquo;est pas pour rien qu&rsquo;il me pousse des cheveux blancs. Ce n&rsquo;est pas une id\u00e9e qui me pr\u00e9occupe. Je constate seulement. 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