{"id":43,"date":"2010-01-27T22:52:48","date_gmt":"2010-01-27T21:52:48","guid":{"rendered":"http:\/\/lettresdurien.wordpress.com\/?p=43"},"modified":"2010-01-27T22:52:48","modified_gmt":"2010-01-27T21:52:48","slug":"on-sera-deja-ailleurs-quand-on-se-rendra-compte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ericlaugier.com\/web\/blog\/2010\/01\/27\/on-sera-deja-ailleurs-quand-on-se-rendra-compte\/","title":{"rendered":"On sera d\u00e9j\u00e0 ailleurs quand on se rendra compte"},"content":{"rendered":"<p>On le sait, on le sent. Ca se remet en marche, on ne sait trop comment. Ca commence par un regard, par une blague entre coll\u00e8gues \u00e0 laquelle on r\u00e9pond en souriant. C&rsquo;est plaisant mais ce n&rsquo;est rien. On sait que la chape de plomb dans laquelle on est enferm\u00e9, ne saurait y c\u00e9der. Et puis, ca continue, il y a des images qui reviennent qu&rsquo;on amalgame. C&rsquo;est un mirage, une illusion d&rsquo;optique et puis, elle a tellement de points communs, cette histoire avec les anciennes. On ne peut pas refaire plusieurs fois le m\u00eame chemin. Du moins, on essaie de s&rsquo;en convaincre. Et puis l&rsquo;autre elle, son ombre et son petit bout. Elle lui ressemble sans le petit bout. Alors on avance et \u00e7a ressemble \u00e0 l&rsquo;autre elle sans le petit bout. Et les souvenirs reviennent, on se rappelle son arri\u00e8re-go\u00fbt de \u00ab sans petit bout \u00bb. Et puis l&rsquo;autre petit bout, il est l\u00e0, il s&rsquo;est substitu\u00e9, on a voulu refuser mais \u00e7a faisait trop mal et puis, \u00e7a ne nous ressemblait pas. On ne sait pas faire \u00e7a. On ne sait que prendre ce que reste de bien et le serrer dans ses bras.<\/p>\n<p>Et on avance. On n&rsquo;aura pas le temps, on n&rsquo;aura fait que se conna\u00eetre, incapables que l&rsquo;on est de se provoquer l&rsquo;occasion, d&rsquo;\u00e9changer quelques mots pour se donner une excuse pour apr\u00e8s. Il faudrait que le hasard fasse son \u0153uvre mais l&rsquo;on y croit si peu. Alors on se regarde, on entend ce battement revenir battre doucement, mettre en morceaux ce mur de ciment qu&rsquo;on avait coul\u00e9. On se regarde et \u00e7a vient m\u00eame chatouiller les r\u00eaves pour coincer un peu plus les mots dans le gorge d\u00e8s qu&rsquo;on effleure le sujet. On n&rsquo;est s\u00fbrement trop b\u00eates, \u00e0 garder ce silence mais quelque part, c&rsquo;est tellement mieux que si le charme se rompait. Et puis, tu voudrais lui dire quoi ? Comment expliquer ce que tout \u00e7a met en jeu dans la t\u00eate ? Comment t&rsquo;expliquer ce que tu comprendras s\u00fbrement mais ce que tu n&rsquo;accepteras pas, \u00e0 la longue ? C&rsquo;est pas comme si c&rsquo;\u00e9tait ta fille, pas comme si t&rsquo;\u00e9tais son p\u00e8re. Comment te dire ce qui m&rsquo;attire et te dire, de ne pas t&rsquo;en faire, si tu as l&rsquo;impression que je m&rsquo;enfuis ? Quel bordel viendras-tu inscrire en plus dans l&rsquo;histoire ? Combien de crises de nerfs, de portes qui claquent pour finalement se dire qu&rsquo;on se comprend ?<\/p>\n<p>Combien de temps pour se rendre compte qu&rsquo;on a rat\u00e9 le coche ? On sera d\u00e9j\u00e0 ailleurs quand on se rendra compte qu&rsquo;on allait nulle part pendant qu&rsquo;on cherchait \u00e0 aller l\u00e0-bas.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On le sait, on le sent. Ca se remet en marche, on ne sait trop comment. Ca commence par un regard, par une blague entre coll\u00e8gues \u00e0 laquelle on r\u00e9pond en souriant. C&rsquo;est plaisant mais ce n&rsquo;est rien. On sait que la chape de plomb dans laquelle on est enferm\u00e9, ne saurait y c\u00e9der. 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