L'errance est mère de toute chose

et la vie n'a de sens que celui qu'on lui donne

Quelques mots

Cela faisait très longtemps que je m’étais peu à peu écarté de la politique. Non pas par désintérêt mais par conviction que le système était verrouillé. Trois cadenas étaient posés : le premier était celui des institutions, le second, la dépolitisation des esprits et enfin le troisième : la déshumanisation des rapports sociaux doublée d’un repli sur la sphère d’un soi qui empêche une société de faire société.

À partir de ce constat, je n’avais qu’à me mettre en retrait, laisser passer et jouer avec la débilité profonde de notre société de consommation et de concurrence. Cela ne me gênait pas car après tout si le désir commun va par là, j’en fais mon affaire. Cela me gêne d’autant moins que je n’ai guère de difficulté à me glisser dans ce registre : je n’ai pas grand-chose à faire si ce n’est de me comporter d’une manière inverse à mes aspirations.

Mais il faut être honnête, on ne vit pas en toute quiétude dans ces habits-là et on guette le moment, les indices des changements qui permettent de laisser à penser une opportunité de foutre les fripes aux ordures quoique rutilantes car tape-à-l’œil de la société autocratique. Je ne suis pas Mélenchoniste… Mes conclusions premières étaient que, compte-tenu de la bêtise humaine qui nous contente moyennant que notre propre moi n’est pas chiffonné, nous avions une capacité assez surprenante à ne pas remettre en cause le cadre pour autant que celui-ci nous conserve un petit espace de respiration, donc seule l’atteinte de l’extrémité opposée à l’humain était le point de retournement. Il doit y avoir d’ailleurs quelque chose qui tient du syndrome de Stockholm pour expliquer cette capacité.

Mais là, il faut être clair, le gars Mélenchon et son équipe ont a priori réussi à infuser une synthèse qui met en émoi un certain nombre de personnes et les ramène à la politique par le haut. C’est heureux car le fond de l’affaire n’est pas philosophiquement très compliqué : l’humanisme remis en perspective dans son milieu pour l’instant limitée : la Terre.

J’entends d’ici les gens qui vont me dire qu’il y avait l’écologie mais le problème c’est qu’entre la formulation de la pensée, le militantisme et la traduction politique, la synthèse n’était pas là. En tout cas pas en tant qu’offre politique cohérente. On ne peut traiter l’écologie comme un emplâtre sur une jambe de bois.

Cette année, il semble que les trois verrous soient en mesure de sauter. C’est un peu ahurissant, effrayant… Cela semble comme un saut dans l’inconnu et en même temps, c’est un peu grisant. Comme si on pouvait s’émanciper d’une tutelle qui nous a trop longtemps enfermés dans des schémas pré-pensés.

Mais à partir de cet instant, il ne faudra pas oublier une chose : vous ne serez pas là uniquement pour vous laisser guider, il faudra vous impliquer car la conquête qui se joue aujourd’hui c’est la « majorité » de la démocratie car une démocratie où le peuple se retire juste après le vote, ce n’est plus une démocratie.

Bon dimanche à tou-te-s.

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