L'errance est mère de toute chose

et la vie n'a de sens que celui qu'on lui donne

La démocratie ne doit pas sombrer dans la clameur du silence des peuples

Qu’il soit bien clair entre vous, lecteurs et moi, je suis un citoyen cauchemardesque pour l’expression pseudo-démocratique de la 5ème république. La raison est simple, je ne me reconnais dans aucun clivage partisan et c’est ainsi que j’ai pu depuis mes débuts d’électeur voter à gauche, à droite ou m’abstenir. J’ai mis un certain temps à me construire une conscience politique libérée de toutes les entraves familiales, amicales et médiatiques.

Je me disais que cela devait être ainsi car le système fonctionnant sur un système d’offres limité où l’on votait et puis au revoir, on se revoit dans 7 puis 5 ans, c’était normal d’avoir le sentiment d’un engagement inachevé. Et petit à petit, j’ai fini par comprendre ce qui me manquait le plus.

Ce n’était pas la confrontation politique dans les discussions familiales ou amicales qui, elles, loin d’être stériles aboutissaient non pas à un consensus mais un ralliement qui donne une direction claire et radicale. Et oui, le consensus mou n’est pas l’aboutissement idéal de la démocratie. La société avance dans la confrontation et c’est ce fait que les tenants d’un camp remportent une victoire sur l’autre qui la font progresser. Mais cette expression démocratique ne peut être enfermée un mode tunnel. Si pour des raisons pratiques, il faut en passer par un mode de représentation, cette représentation ne doit en aucun cas être confiscatoire de la décision des personnes impliquées à la vie démocratique. Nous élisons, c’est bien mais sur la base d’un mandat, d’un programme politique et il n’est pas anormal que nous ayons notre mot à dire si le mandataire s’écarte de la ligne. Dans le meilleur des cas, le mandataire devrait justifier ses décisions et être relégitimé par un vote d’approbation.

La ligne directrice d’une démocratie doit être donnée par le peuple et conduite sous sa tutelle. L’engagement politique n’entre pas en ligne de compte dans la conduite pratique des actions au service de la chose publique. On ne peut pas être militant en intégrant un poste de ministre, de fonctionnaire dans l’exercice de la fonction, on doit conduire la politique souhaitée par le peuple. Nous avons aboli la monarchie de droit divin et ce n’est pas pour valider une monarchie républicaine qui plus est indûment élue puisqu’appuyée sur un tract publicitaire ne valant même pas contrat.

Mais d’où vient cette réalité. La vérité c’est que notre personnel politique ne sont plus que des pantins depuis les années 70 quand la France s’est enchaînée aux « marchés » pour se financer. Je ne reviendrai pas de manière détaillée sur le processus mais le résultat est le suivant. La financiarisation de l’économie remet en cause le principe de la démocratie. Et l’attaque est donc de taille, il faut en être conscient. N’entendez-vous jamais la musique que rien n’est possible si les marchés ne sont pas « contents ». Mais les marchés ne sont qu’un outil et ils n’ont pas de vie, encore moins de droit de citer.

Depuis quand serait-ce aux marchés de décider en lieu et place du peuple ? L’économie doit se réformer pour servir son peuple et non le contraire. Le peuple est souverain sur ses décisions et la finance, si tant est qu’elle ne soit pas à être réduite au silence étant donné son inutilité dans le progrès humain, doit être mise au pas. Quand je dis être « mise au pas », je ne parle de régulation à coups de charte d’éthique inutile : la finance n’en a pas (d’éthique) dans son essence. Donc son seul destin est de disparaître ou bien d’être enfermée dans un carcan de règles immédiatement punitives en cas de manquement aux desseins tracés par le peuple.

L’inconséquence économique a un nom : le néolibéralisme.

Le néolibéralisme et ses partisans faussement impliqués dans une Union Européenne très loin du vœu que l’on avait formulé et imposée de force aux peuples par utilisation des circuits confiscatoires de leurs volontés ont un projet : maintenir l’illusion d’une démocratie et réorganiser l’ignorance pour mieux maîtriser la masse comme cela a pu être par le passé. Mais ils ont oublié un détail, c’est que cette masse éduquée, ne leur déplaise, réfléchit encore et trouve des relais dans des porte-paroles qui ont largement les moyens de démonter brique par brique le paravent puant d’une caste se croyant au-dessus de l’Homme ordinaire. Et il ne s’agit pas d’un clivage de droite ou de gauche mais bien des tenants d’une démocratie véritable et de républicains convaincus que la devise française de liberté, égalité, fraternité n’est pas juste là pour faire joli mais est bien une « utopie » à atteindre.

Mais là, je veux encore dire un mot avant de conclure. La fatalité n’existe pas, les gens. Ce n’est pas une main invisible qui préside à votre avenir. Autant de doutes pouvez-vous avoir, il est une proposition forte et une opportunité d’envoyer au tapis tous les faux et anti-démocrates posée sur la table. Vous avez le droit de craindre le saut dans l’inconnu mais si votre dignité est encore en vous, venez défendre cette démocratie : les projets d’avenir et de progrès se dérouleront d’eux-mêmes ensuite.

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