L'errance est mère de toute chose

et la vie n'a de sens que celui qu'on lui donne

Le tangible et l’intangible

Ce qu’il y a de formidable dans notre époque actuelle, c’est la bêtise humaine qui n’a de cesse que de mélanger le tangible et l’intangible. Il faut croire que l’intellect humain s’amoindrit d’année en année car il prend de plus en plus ce qui tient de la construction complètement artificielle qui ne tient qu’au choix d’une organisation strictement arbitraire comme lois intangibles. Il en va ainsi de l’organisation économique libérale. Peu importe qu’elle fasse des morts, des pauvres, qu’elle provoque des catastrophes écologiques et des aberrations : cette organisation serait comme une loi de la physique. Mince alors… On m’aurait donc menti. Il y aurait donc écrit quelque chose dans le marbre de notre ADN qui justifie le sacrifice de population, la misère et la destruction du patrimoine terrestre ? Pour dire la vérité, je souris lorsque je fais ce constat. Je me dis que l’homme est petit et ne mérite pas la place qu’il a sur cette planète et surtout la place qu’il a dans son propre imaginaire. Je ne suis pas le premier à émettre l’hypothèse mais j’en viens de plus en plus à penser que sa vocation est peut-être de rejoindre le musée des espèces disparues.
Ce n’est pas du pessimisme, loin s’en faut mais un raisonnement logique. L’homme est incapable de sacrifier sa propre condition individuelle pour celle de son genre et celle des espèces qui cohabitent avec lui. Que vaut notre soi-disante “supériorité” par rapport au règne animal et la supériorité prédatrice des espèces qui ont dominé dans des temps antérieurs ? A dire vrai : pas grand chose. C’est du “bull-shit” pour reprendre une expression actuelle en vogue. En fait et en définitive, la seule chose qu’il nous fallait dépasser, c’était le principe de survie. La nature a instauré ce principe et l’a érigé devant nos yeux comme une sorte de loi primaire mais au final, c’est nous qui déraillons qu’en nous interprétons avec notre misérable intellect de pacotille. Cette “loi” nous impose juste de trouver une place pour s’insérer dans le monde tel qu’il existe et d’y rester. Rien n’exige de nous que nous arrivions à l’hégémonie : juste notre misère cérébrale. Si vous refusez cela, vous êtes voué à l’échec et à l’extinction, tôt ou tard. Mais comme nul ne se pense comme une espèce mais comme individu et que l’on trouve n’importe quelle justification pour soutenir qu’il n’est pas “mauvais” de se penser comme individu, nous continuerons de nous tuer petit à petit, le sourire aux lèvres, certains d’avoir sauvé notre âme car nous aurons comblé notre aspiration au bonheur.
L’homme est une nature abjecte et peu importe votre générosité, votre miséricorde vis à vis de ce que vous considérerez comme des aléas inévitables de celle-ci, le tangible sera présent pour vous rappeler qu’à force de le confondre avec l’intangible de toute organisation humaine pour l’exterminer.

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