Ça sera déjà bien

“T’es pas un peu fou ?”

Pour dire la vérité, c’est sûrement un peu vrai. En même temps, depuis le temps, tu me connais : tu l’as reconnu toi-même l’autre jour et tu sais bien que je ne fais pas les choses par “folie”, ni de manière calculée. Tu n’aimes pas ça. Mais tu as compris qu’on ne changeait pas les gens. On s’attache à elles pour ce qu’elles sont, pas pour ce qu’on voudrait qu’elles soient. J’ai envie : je le fais. Ca reposait sur la même attitude quand je te demandais ce que tu voulais et que je te disais :”Allons-y !”. C’est à la fois absolument égoïste et absolument dénué d’un quelconque “intérêt” au sens “stratégie” du “je te donne alors tu me donnes” et donc du “Moi” qui nous étouffe. Je n’ai pas la notion de la mesure dans aucun domaine, excepté peut-être dans le boulot mais là, ce n’est pas à proprement parler tout à fait la même chose. Le boulot, c’est une case dans ma tête, un aspect de moi-même que je ne reconnais pas forcément. Du moins, c’est une espèce de “double”… Une sorte de frère jumeau qui fonctionne de manière complémentaire. Lui, il a des principes, des valeurs, une méthode… Une sorte de prévisibilité rassurante. Il sait affirmer les choses, en édicter des principes et s’y tenir.

Sorti de là, on est dans la vraie vie. Celle des doutes, des engouements, des déceptions. Celle où l’on se prend une vague en pleine figure à chaque coup de rame. Celle où l’on apprend à avoir froid. Celle où l’on apprend qu’il faut faire ce que l’on est, toi, moi, elles et sûrement lui, un jour… Celle où l’on peut se mettre à avoir les larmes aux yeux pour des toutes petites choses mais qui représentent des trucs énormes.

Je ne sais pas si je veux dire vraiment quelque chose en agissant ainsi et à vrai dire, j’ai pas vraiment envie de savoir. Tu m’as souvent reproché de ne pas savoir ce que je voulais mais là, tu ne peux plus l’affirmer. A un moment donné, je veux bien croire que la question du “pourquoi” vienne s’immiscer dans ta tête et que le fait de ne pas pouvoir formuler de réponse exacte qui amènerait à un choix, un simple “oui ou non” est quelque chose qui n’est pas donnée à tout le monde de savoir s’en contenter. On est fait pour chercher des pseudo-vérités qui seront sources de nouvelles interrogations alors qu’on devrait plutôt juste s’attacher aux évidences. On est jeté dans cette course en avant… Mais sais-tu qu’on n’est pas obligé de suivre le courant ?

Je souris parce que je suis encore en train de t’écrire un truc avec plein de mots dedans pour juste t’expliquer que c’est “vous” qui m’importez, là, maintenant et que si c’est possible de faire les choses, de te faire sourire ou de les faire rire et pourquoi pas vous consoler, ça peut arriver, il ne faut pas se poser de question. Peut-être qu’il y a d’autres chapitres à écrire pour demain mais si on pouvait commencer à remplir l’actuelle page blanche, ça sera déjà bien pour nous.

One thought on “Ça sera déjà bien

  1. Parfois on se trouve désarmé de ne pas savoir ni quoi faire ni quoi dire…. Si tout pouvait être aussi simple que le boulot !

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