Encore un peu de nostalgie… un peu…

Tout a commencé dans la chaleur de juin. A l’époque, tu me regardais avec tes yeux gloutons. J’avais l’impression que tu voulais me manger et je pouvais me voir dans tes yeux d’une manière donc je ne m’étais jamais regardé. C’était une chose bizarre pour moi, je n’en avais pas l’habitude.

Tout a commencé dans la chaleur de juin. A l’époque, le temps défilait à tout vitesse. Je me rappelle du premier soir où j’ai voulu t’embrasser et où tu t’es reculée mais pas brutalement, juste pour me dire : « je ne suis pas sûr ». Je me rappelle du soir qui a suivi, quelques jours après à peine et là, tu t’es laissée faire, pas tout à fait sûre non plus : mais pourquoi pas ?

Et puis le temps a paru se distordre à tel point que, tu te rappelles, tu m’as demandé depuis combien de temps, nous étions liés : « dix ans » m’as-tu dit. Nous étions dans le même délire, à refuser de voir la réalité en face. Ce que nous faisions, cette relation passionnée qui devait restée dans le secret, nous n’avions pas vu que les autres ne l’accepteraient pas.

A ces autres, moi j’ai dit « merde ». Pourquoi l’amour ne pourrait-il pas être ainsi ? Fou, un peu naïf, et complètement en dehors de la norme. Je sais, nous n’étions pas les premiers à traverser cet interdit mais c’était nous. Les autres, qu’est-ce qu’ils comprennent de toi ? Ils ne voient que les apparences. Toi, tu ne le supportes pas, je sais. C’est pour cela que j’essaie de rester dans l’ombre même si ça m’arrive de l’oublier dans un accès de folie. Mais je croyais que tu l’avais compris.

Je suis un petit enfant qui a peur de montrer ses sentiments et quand il se sent enfin aimé et aimer : voilà, il ne peut rien. Il doit rester dans son mutisme. Et il se sent piégé. S’est-il piégé tout seul ? Non car, en fait, lui, il veut vivre, il veut t’emmener dans un monde dont tu ne soupçonnes même pas l’existence. Il veut que tu fasses tes valises et que tu partes avec lui, loin des conventions de toutes sortes.

Il n’y a pas de contraintes dans ce monde, il faut juste laisser de côté le passé où il est.

Je ne connais pas l’avenir, je ne sais pas si je t’aimerais toujours comme je t’aime là tout de suite. Mais pourquoi cet amour se tarirait ? Je n’ai trouvé aucune raison qui me fait t’aimer, je t’aime comme tu es et je suis sûr comme tu deviendras. Ce n’est pas une promesse, simplement une intuition sinon, pourquoi serais-je encore là ? J’ai de la route, tu sais, ce n’est pas la première fois que je vis cela, une petite période de froid. C’est généralement, synonyme de la fin et là, moi, j’ai l’impression que ce n’est que parce cela va commencer.

Mais voilà, il faut franchir le pas. Tu peux ne pas venir avec moi. Je respecterai même s’il doit me rendre triste. Je sais que quelques années nous séparent mais tu vois, j’ai appris qu’il ne fallait pas hésiter. Même si on doit se rendre malade, même si on doit faire une croix sur certaines choses ; de toute façon, si ces choses sont réelles, elles te suivront tôt ou tard sur le chemin que tu as emprunté.

Tu m’as dit l’autre jour que tu étais égoïste : je n’ai pas dit le contraire. Tu n’es pas égoïste quand tu ne fais pas les choses sous la contrainte. Toi, tu confonds la contrainte et l’engagement. Ce n’est pas l’engagement que tu crains, c’est bel et bien la contrainte. Je ne t’ai jamais rien demandé en retour de ce que je te donnais. Ce n’est pas que je m’en fous, mais je sais, que tu me le rendras à ta façon. T’as l’impression d’être en défaut ? Pourquoi, il n’y a pas de calcul quand on aime. On se rétribue par le plaisir que partager, offrir à une personne que l’on estime.

Mais bon, toi-même, tu le dis, il faut qu’on se parle même si tu ne trouves pas le temps pour cela. L’amour, c’est une maison qui se construit à deux. De la même manière s’il est question de la déconstruire. Comme ça, il n’y a pas de haine dans la séparation. Tout autre forme, c’est de l’enfantillage et parfois, il faut apprendre cela aux autres. Moi, je l’ai appris d’une autre et même si je n’ai pas tout saisi dès le début, les années passant, elle avait raison. Elle a suivi un autre chemin sans jamais me perdre de vue. J’ai fait la même chose. Ce n’est pas vraiment de l’amour mais ce n’est pas vraiment de l’amitié. C’est autre chose. Un peu comme une sœur.

Bon voilà j’arrête là pour l’instant, ma Nymphette. Je sais bien que tu ne liras jamais ce billet, mais voilà, je t’aime et j’ai envie de le dire au monde entier.

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