Un petit rat sur la banquise

devant les images qui défilent
les flashes de guerres
au spectacle insensé
d’un absurde qui tournoie
chaque monde
chaque seconde

J’ai des milliers de souffles de vie
qui parcourent tout mon corps
malgré l’obscurité
malgré qu’ici
ce soit Londres

Je voudrais te dire
Que ton petit soldat
Le grand guerrier
auquel tu crois
n’est qu’un petit garçon
un peu gauche
un peu trop
maladroit

Je voudrais te lire
Joindre tes mains
et t’envoyer ailleurs
Faire de toi une chanson
Un hymne anti douleur

Tu n’es pas là
Tu ne dis rien
Tu souris
Tu pleures
Je le sais bien

Je vais te regarder
jour après jour
perdre bout après bout
chacune de tes couleurs

Les bleus de tes mots
l’hagard de tes phrases
le flou entre eux deux

Tu pourrais être une ville
une métropole
l’artère principale
de ces rues qui semblent folles
t’as l’air des petites filles
quand elles ont tué l’idole

T’aimes la banquise
surtout parce qu’il y fait froid
qu’il n’est pas de devise
pour s’inventer un roi

T’aimes être molle
pour sentir se raidir
le tissu de ton drap
Partager cette obole
Que ton empire
a fait de soie

T’as pas envie de vieillir
t’as pas envie d’un vieux comme moi
tu peux encore le dire
sans faire profession de foi

Se contenter d’écrire
d’inscrire qu’étaient des fois
un tas de poupées de cire
un p’tit rat de l’opéra
qu’a juste fait frémir
sa rose au coin du bois

Pour oublier de lui dire
Que c’était bien
quand elle était
dans le creux de ses bras

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