A « encintrer » la lune

si on prenait le temps
d’emmener notre brune
le long de ces rues blondes
si on prenait l’avant
pour le mettre à la une
et lui donner un monde
qu’on s’écrit en verlan

si on prenait les gens
gavées de leurs rancunes
si on mettait un banc
au pied de leur lagune
peut-être que le vent
ferait du sel sa dune
les airs d’âme pleurant

tant qu’à noyer les larmes
à l’ombre des cyprès
tant qu’à vanter l’alarme
que l’on laisse à ses quais
autant faire de brume
les soirs au dérivant
où nul phare s’allume
car s’oublie « l’être grand »

si on prenait le vent
dans nos draps de fortune
si on hissait gréements
et rabattait les hunes
Brisait les bas-haubans
pour « encintrer » la lune
sur les rêves d’enfant
qui de deux ne font qu’une

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