Si tu fermes les yeux
et que tu m’emportes ailleurs
Au delà de ce regard
qui regarde bien trop loin
Alors qu’on n’est juste au coin
De la rue
Je frisonne juste à l’idée
De pouvoir mettre un mot
L’un devant ou peut-être derrière l’autre
Comme l’on met le premier pied
sur la pédale d’un vélo
Paraît que quand on a appris une fois
On n’oublie jamais
Et maintenant
à l’instant
là
Je suis pratiquement sûr que cela n’est pas vrai
J’ai oublié mon tout
De cette charade que j’écris à la craie
sur l’ombre du tableau
Celle qui me rimait
Quand je n’étais pas beau
Celle qui me chantait
Que bébé est à l’eau
derrière le verre épais
des maux qu’on vit en trop
Si tu fermes les yeux
et que tu me portes ailleurs
Au delà de la gare
où t’emporte le métro
Peut-être que le vin
arrêtera ses flots
sur le rebord
des mères
qui me furent de trop
Celles qui dansaient
Quand bébé était à l’eau
Celles qui pleuraient
Quand fallait faire le saut
D’aimer un peu plus grand
que derrière les barreaux
où l’on allait mourir
la nuit sur le grain de leurs peaux
Si tu fermes les yeux
Que tu t’assoies en tailleur
Sur mes rêves hagards
et mes hangars de maux
Peut-être sourirai-je
de ce reflux de faux
qui composent mes arpèges
qui mettent de la neige
là où devrait faire chaud