J’ai enfanté le vent

J’ai enfanté le vent
Sa frime et son amant
Autant que de sa prime
Je lui disais : « attends »
Je savais sa déprime
L’abîme de son rang
Qu’on donnait pour estime
Mais qui valait trois francs

J’ai engrossé la brise
En deux ou trois arpents
Je lui ai fait la bise
Fichu d’un pieu croyant
A la place d’Elise
Au piano bien branlant
L’espoir était de mise
Le rêve au plus offrant

Mais la rime a flanché
A deux pas de ces Champs
Paris s’est délitée
En brumes d’Orléans
Les notes du passé
Sonnaient encore aux temps
Où les fleurs fanées
En décoraient le banc

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