Le pourquoi de la question (ou les occasions ratées)

“T’as envie d’en avoir qui sont les tiens ?”

Ca va faire deux semaines que cette question me tourne dans la tête… Non plus pour la réponse qui reste pour moi en mode “brouillard”… Mais pour la question elle-même. Elle me tourne dans la tête car j’ai réalisé avec toi en te racontant “l’épisode” que j’avais, soit loupé un aspect de la question, soit que la question avait dépassé sa pensée à elle.

Je ne sais pas si elle avait vraiment l’intention de me faire comprendre qu’elle entérinait un état de fait et si, au final, elle ouvrait à une invitation plus large que la réponse premier degré. Je ne sais pas dire si c’est aussi pour ça que mes idées se sont embrouillées et pourquoi, la réponse a été si compliquée à aller trouver.

Ce que je sais, c’est que j’ai répondu au premier degré car la tension du moment, l’intensité de son regard me disait que c’était là qu’elle voulait m’emmener. Mais…

“T’es pas obligé de répondre. Si tu le sens pas…”

En fait, les phrases sont parfois trop vagues, pas assez univoques… Y a les questions à tiroir aussi. Etait-ce vraiment, le témoignage d’une prise de conscience que la réponse au premier degré était déjà compliquée humainement à me faire formuler… Ou bien y avait-il aussi dans ses mots, une “peur” vis à vis d’une autre réponse envisagée négative parce que, pas assez bien amenée ?

Etait-elle consciente de cela ? Et si j’avais répondu à la question “sous-jacente” au lieu de répondre à la question elle-même. Et si j’avais réussi à enfoncer les portes que j’ai soigneusement fermées à double tour pour éviter de me renoyer et qui n’ont aucun rapport avec elle.

Et si j’avais dit, “oui”… Tout simplement… Est-ce parce que je ne m’en suis pas tenu là que j’ai eu cette sensation d’une légère déception sur ton visage ?

Cela fait étrange de réaliser à quelques mois de distance que l’on est peut-être passé à côté de l’instant où il y avait tout le contexte posé.

En même temps. Y avait-il le moindre doute sur le fait que je ne dise pas “oui” sur toute la ligne ?

Pour moi, cela tient de l’évidence et je n’aime pas dire l’évidence.

Nous n’avons pas le même rapport au temps. Nous n’avons pas la même façon de se souvenir de nous et de nos “moments critiques”.

Je me souviens parfaitement de ce vendredi soir au mois de mai, quasi neuf mois avant le petit « elle », où le prétexte du tramway a été l’occasion d’une étrange situation. Ce genre de situation où l’on ne sait pas vraiment décrire ni les choix, ni les sentiments. Ces moments où la peinture n’est pas encore assez sèche pour qu’on puisse discerner la couleur que cela donnera.

Je m’en souviens et je me souviens aussi de sa réponse de l’instant. Je ne la croyais pas à l’époque. Mais je croyais encore en elle et ça n’a pas changé. Il y a plein de choses qui ont changé ensuite qui ont décidé du cours des choses et qui nous ont amené au présent là, maintenant tel qu’il est.

Quand on remet tout cela en perspective, je me demande s’il faut prendre tout cela en compte, faire jouer “l’expérience” pour nous guider. Ou bien faut-il oublier, faire table rase et répondre en tenant compte que de la situation présente ?

En fait, tu me posais la question de ce que je veux ? Moi, j’essaie déjà comprendre pourquoi on se pose encore la question…

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