Intimité à géométrie variable

Tu vois, je suis tombé une nouvelle fois sur les lignes que j’aurais peut-être dû supprimer et que j’ai gardées parce qu’au-delà des mauvais souvenirs qu’elles réveillent en moi, elles me permettent de ne pas déformer ma mémoire pour la rendre acceptable ou jetable. Je suis tombé dessus et je les lis maintenant avec un autre regard… J’y vois mieux les contradictions et les raisons qui ont fait que je n’ai su te répondre mais qu’à la moitié. Tu me parlais de ton intimité en même temps que de la mienne, nécessairement parce qu’elle a été nôtre. Tu me demandais de la laisser là où elle était et que je n’avais en rien le droit de la partager avec quiconque d’autre. Mais dans les faits, tu me demandais de respecter et de ne pas faire une chose que tu avais toi-même déjà fait.

Souviens-toi un peu. J’aurais été d’accord avec toi, si pour une décision qui nous impliquait tous les deux, tu m’avais impliqué. Sauf que ce n’est pas ce que tu as fait. Cette intimité, tu l’as partagée avec d’autres proches sauf moi, pour prendre notre décision. Et même si tu remontes vraiment dans le temps. Où est l’intimité de deux personnes dans une maison où l’on est trois plus un quatrième en invité surprise ? Tu vas sûrement trouvé que mon ton est décalé parce que j’essaie de ne pas sombrer le pathos, le raisonnement simpliste et surtout que j’essaie de mettre la distance nécessaire pour ne pas replonger dans un mur dont j’ai déjà eu du mal à m’éloigner mais au final, c’est bien cette question qu’il aurait fallu se poser au départ.

Rappelle-toi. Tu ne m’as expliqué réellement la situation qu’au bout de trois semaines et en trois semaines, tu avais déjà emménagé dans ma vie plus que n’importe qui avait pu le faire avant toi. Je ne m’y suis pas opposé, c’est certain mais aurais-je eu une raison valable de le faire ? Non. Je ne pense pas que ce soit cette rapidité soit vraiment une cause dans l’enchaînement des événements. Je ne pense pas non plus que cette chose ait été néfaste. J’ai beau relire les lignes, c’est impressionnant la fluidité des rapports que l’on pouvait avoir et ce qu’on pouvait savoir l’un de l’autre en ce rien de temps.

Mais bon, tout cela ne mène pas à grand chose, tu vas me dire surtout quand je sais d’avance que tu ne pourras pas répondre (et quand bien, tu le pourrais, je suis certain que tu ne le ferais pas et je sais bien pourquoi). Cependant, tu vois, je me dis que se reposer la situation et dénouer les noeuds petit à petit, ça ne fait jamais de mal sauf à permettre à chacun d’avancer. Mais pour cela, faut-il avoir vraiment un jour été en accord entre ses sentiments et la parole que l’on donnait à l’autre.

On peut toujours changer de direction mais il y a des choses qui restent invariables et sans date de préremption si ce n’est la nôtre à nous, lorsqu’elles sont vraies. Et faut-il qu’un jour elles l’aient été. Pour moi, c’est le cas. Et pour toi ?

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