tout est dans les yeux des gosses

C’est dans l’œil des enfants que se traduisent les vérités. Dans ces yeux qu’ils ouvrent bien grands pour comprendre les nouveautés et prendre les secrets, les apparences comme leurs vérités. Je n’ai pas la formule pour me permettre de rester, pour me permettre de prolonger cette expression incroyable qu’elle a chaque fois qu’elle découvre une mécanique, un nouveau monde. Et tes mots semblent me dire que je m’enfuis alors que c’est bien le contraire. J’aime bien te regarder sourire à ce spectacle même si je détourne les yeux par pudeur. Je ne suis pas à la bonne place et je ne le serai jamais. Toi aussi, tu évites de me regarder en face… Car si les mots dénoncent certaines évidences, il n’en reste pas moins qu’il n’est pas socialement correct de faire étal d’une situation qui pourrait pourtant être bien.
Je ne suis pas aveugle sur certains points et je sais bien que la rumeur qui court, sert bien à détourner les regards. Que cette rumeur est de loin la moins pire et la moins difficile à nier, puisqu’elle n’a aucun fondement que celui d’un accord tacite des acteurs qui s’exposent en pseudo victimes. Que cette rumeur, je l’assume cent pour cent, pourvu qu’elle te permette d’éviter les questions malsaines. Les gens simplifient, tentent de comprendre en simplifiant les faits, les attitudes et du même coup, ils mentent sur des réalités qui ne les concernent pas.
Devrais-je m’appliquer cette sentence à moi-même : sûrement. Qu’ai-je à arguer pour qu’il en soit autrement ? Rien. Si ce n’est peut-être que je suis de ceux qui restent, même en arrière-plan. A l’ombre derrière cette fierté que tu brandis comme un drapeau, moins par conviction que par cette volonté de jamais revenir en arrière, sûre que du passé, on en ressort jamais vivant.
Et là, je suis coincé. Pourrais-je un jour t’amener à croire ce à quoi je suis incapable de donner une once de réalité ? Non. Mais je sais pourquoi. Je sais que les choses sont suffisamment nouées que le déplacement d’une pièce de l’échiquier renverserait le jeu, ouvrirait les possibilités. Et dans toutes celles-ci, aucune n’a de caractère ludique. et les trajectoires résultantes sont définitivement opposées.
Mais ceci dit, il ne faut pas trop m’écouter, car même si j’écris ces choses-là, je souris encore. Le présent est la pièce maîtresse à conserver… Toi, elles et l’avenir de vos années. Le reste n’a que l’apparence de l’important.

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