Qu’elle est loin cette terre lorsque je plie les genoux pour t’attraper.
Qu’elles sont loin toutes ces guerres quand tu ries et t’entêtes
Quand tu relèves les yeux avec cette envie et ce voile de doutes
Encore une et une autre, continuer sans arrêter à se faire tourner la tête
Encore une et une autre, quand mes bras te rattrapent
et te renvoient à tes galipettes
Dans ces instants, j’ai peur de moi
Peur de trop t’aimer
De t’aimer de travers
Sans en avoir le droit
On a déjà peu de droit de citer lorsqu’on est père
Alors quand on est rien
Qu’on se fourvoie dans chaque dentelle
Qu’à chaque mot que l’on prononce
Il sonne comme une prière
Une prière pour que cette affection reste sur le chemin
Sur son bord sans jamais dépasser la frontière
Je n’ai pas le droit de t’imposer par contumace
L’amour du marbre de cette pierre
Qu’on n’a jamais posée
Tu n’as pas à comprendre
A te faire une dette
Sur ces ruines qui nous sont restées