Théorie générale de l’affectivité restreinte

J’imagine que tu vas me dire qu’on ne sert jamais deux fois le même plat dans le même couvert, ou un truc approchant. Une expression qui, somme toute, quand tu la prends au sens propre est totalement délirante… Je crois que tu me l’as déjà dit et je crois que je t’ai déjà répondu que je ne comprenais pas d’où venait ce “dogme”… En même temps, tu sais bien que je n’ai pas de règle, je ne sais pas fonctionner avec ça… Je ne veux pas d’une vie qui soit segmentée, régie par des lois qui n’ont pas de sens entre nous… Quand je dis nous, je parle de toi comme je pourrais parler d’une autre. Ca ne veut pas dire qu’il y a “autre”… C’est juste une manière d’aborder une relation de manière générale. Le truc assez troublant, c’est que quand je parle de choses générales, je parle aussi de toi en particulier. Comme si tu avais cette chose qu’on ne rencontre quasi jamais dans la vie, la capacité d’être à l’image de ce que je veux quelque soit l’échelle. Les esprits chagrins diront que la raison est que je ne suis pas quelqu’un de très exigeant… Mais au final, je pense que je pourrais t’appeler “à la barre” pour témoigner du contraire. En même temps, ils n’ont pas tout à fait tort. J’attends beaucoup de toi comme des autres mais je n’en fais pas un élément discriminant. Mon affectif est indépendant. Il ne suit pas la courbe de ma “satisfaction”… C’est peut-être bizarre mais c’est une chose que je ne peux nier car elle trouve jour après jour une manière de se mettre en évidence. Certains voient là la source d’une certaine instabilité affective, un potentiel d’infidélité. Ils me font rire. Eux qui se mettent avec untel puis se séparent puis ne veulent plus en entendre parler, et qui changent de route, ça y est, la bonne, “allez, on se marie”, et puis… Les choses changent et ça ne va plus… On défait tout, on change le casting et on se tourne un nouveau film… C’est un concept comme un autre… Ce n’est pas le mien.

“Mais tu sais, le mariage… c’est un engagement.”

Le concept… Oui. La réalité, c’est que très souvent, c’est une manière de se forcer à respecter cet engagement. Les gens ont besoin d’afficher cette “promesse” aux yeux des autres pour mieux en sentir le poids sur leurs épaules. C’est plus facile que de ne rien promettre et d’être encore là, jour après jour, alors qu’il n’y ni pacte, ni contrat… Même pas le regard des autres. Alors, tu vois, les règles… C’est peut-être bien pour te guider quand tu ne sais pas où aller ou que tu doutes… Mais si tu doutes, pourquoi y vas-tu ? Je ne sais pas… C’est quoi la logique qui se cache derrière tout ça ? Je ne sais pas, on ne vit pas sur la base d’un théorème mathématique, non ?

“Mais tu sais, il y en a qui ont besoin de ça pour avancer.” m’as-tu dit.

Que pouvais-je répondre ?

Quand savoir ce qu’on veut devient équivalent à savoir (se) faire des promesses… Je ne sais effectivement pas ce que je veux.

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