C’est la loi du paraître qui a tout emporté.

J’ai fait voeu de silence car je croyais que c’était mieux. Je croyais qu’ainsi je n’aurais rien à dire et rien à faire avant de m’en aller. J’ai cru qu’il me fallait juste fermer la porte, ne pas me retourner. J’ai cru que tu savais que je n’aurais pas les mots, ni mêmes les pensées pour te tirer du gouffre où tu venais de m’emmener. Il faisait un soleil d’enfer et je ne le voyais plus briller. J’avais gagné le droit d’avoir cru à un éclair qui aurait pu me donner ce que j’avais naguère déjà enterrer. Je croyais dur comme fer que la traversée du désert, tu pouvais m’en tirer avec les rêves que tu portais en bandoulière et ton corps de papier. Mais le film ne contenait que deux scènes, celle de la rencontre et celle de l’adieu avant même qu’on sache s’il pouvait naître, s’il pouvait respirer. C’est la loi du paraître qui a tout emporté.

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