Je ne suis d’aucune lutte.

« Les femmes, je suis contre… tout contre. » Sacha Guitry

Je ne suis d’aucune lutte. Je ne suis engagé dans aucun combat “contre” ou “pour”, pas par absence de conviction politique, et non par ignorance des opinions de la société. Seulement, je n’aime pas mettre en relief. Je n’aime pas mettre en avant une chose par rapport à une autre. Et pourtant, aujourd’hui, j’ai envie de m’exprimer. J’ai envie d’écrire le portrait d’une femme, d’une personne que je connais maintenant depuis quelques années. C’est quelqu’un qui m’a séduit, qui m’a énervée, que j’ai pu détester au travers de ses prises de position qu’elle ne m’expliquait pas et des réponses qu’elle ne voulait pas me donner mais quelqu’un, au final qui a su “être” “une” et “indivisible”. Une personne qui a su, ne pas être dans un rapport unique et simpliste de séduction, de falsification de ce qu’elle était “elle”. Une personne, aussi, qui a su me prouver qu’elle voyait au travers de moi. Qu’elle ne regardait pas que mon reflet falsifié pareillement. Une personne qui, même si quelques fois, elle a pu se méprendre dans l’interprétation de mes gestes, de mes paroles, a su passer outre.

Comment vous dire que ce genre de personne, que ce genre de “connexion” avec une personne est rare voire peut-être unique dans une vie ? Comment vous dire aussi que lorsque vous vous levez ce matin et que vous entendez tous les discours les plus beaux, les plus consensuels, les plus révoltés sur le rapport de “marbre” que l’on voudrait instaurer pour obtenir une esthétique aux proportions proches de l’idéal, comment vous dire que même si vous pouvez approuver tout ce déversement de “bons sentiments”, comment vous dire que la solution n’est pas dans ce “marbre” ? Comment vous dire que l’équilibre que vous cherchez n’est pas dans la séduction d’une place que vous pouvez promettre mais dans la place que vous octroyez vraiment ? Comment vous dire qu’on ne sent jamais plus égal à l’autre que lorsqu’on se fait face, que lorsqu’on se regarde avec les yeux de l’intérêt, du compromis et non de la concession ?

Je ne suis d’aucune lutte. Je ne veux pas défendre la moitié de l’humanité contre l’autre. Quel intérêt ? Ce que je sais, c’est qu’elle existe cette autre moitié. C’est qu’elle sait garder la tête hors de l’eau. Qu’elle sait aussi chercher l’épaule sur laquelle elle pourra s’appuyer lorsqu’elle aura besoin. Ce que je sais, c’est que cette autre moitié, est “mon autre moitié”. Sans elle, je ne suis que la rive d’un océan dont la traversée ne mène nulle part. Qu’importe que cette traversée comporte des étapes sur des îles que d’autres explorateurs ont pu laissé à l’abandon. Elle est l’autre rive et l’océan n’est plus qu’une mer intérieure.

Je ne suis d’aucune lutte, je ne veux brandir aucun drapeau. Je ne veux pas penser plus loin que ce que je suis capable de faire. En revanche, je veux faire pour aller plus loin que ce que nous pouvons penser. Sans céder à la tentation du marbre.

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