Mon invisible

Je suis loin, perdu entre mon stylo et ma feuille de papier. Je voudrais te raconter. Expliquer ce silence, cette absence qui occupe ce coin de ma tête, chaque année entre fin septembre et début octobre. J’ai réussi à te réduire à cela… Je ne peux pas dire que j’en suis fier mais je ne peux pas dire non plus que j’en sois malheureux. Au contraire. C’est sûrement ce qu’il faut faire pour rouvrir les yeux et profiter un tant soit peu du reste du temps qu’on passe ici.
J’aurais voulu que tu sois là même si ce n’est pas sûr que c’eût été la meilleure des choses à faire à l’époque. Mais bon, c’est comme tout, on fait avec les cartes qu’on nous a distribuées, ni plus, ni moins. Je crois de moins en moins à cette révolte intérieure qui bouillonne en moi. Ce n’est pas qu’elle s’éteint, c’est juste moi qui passe outre. Elle me tord encore ce qui me reste de neurones et de souvenirs plus ou moins jolis ou malsains. Mais elle est devenue une douleur ordinaire… Presque réconfortante, en fait. Je paniquerai presque, si un jour, elle disparaissait.
Elle fait partie de moi, elle me définit. Et c’est un peu comme ça, que je te reconnais une existence. Que je palpe du bout des doigts, un recueillement qui n’a jamais trouvé de visage ni de lieu pour se concrétiser.
Alors si un jour, tu crois que je t’ai oublié, regarde cet invisible et tu sauras qu’il est encore là pour te réchauffer.

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