On n’a pas à s’interdire les choses car elles ne sont qu’incertitude

Cela faisait longtemps que je n’ai pas écrit. Ce n’est pas que j’en ai perdu le goût. Ce n’est pas non plus parce que je n’ai plus rien à dire, ni à raconter. La vérité est plutôt que je n’en ai plus besoin. En tout cas, plus sous cette forme. en même temps que j’écris cette phrase, je me dis qu’elle ne veut pas dire grand chose. Elle laisse juste au lecteur le soin d’imaginer la circonstance qui lui paraîtra la plus plausible et en général, celle à laquelle il pourra le plus s’identifier pour prendre en lui des mots au final très vagues et ne décrivant rien. Mais je ne vais pas en rester là. Le besoin d’écrire est une sensation très subjective et elle recoupe rarement avec une sensation comparable d’un être à l’autre. A titre personnel, je me dis en essayant de prendre un peu de recul et de comprendre ce qui me pousse ce soir à reprendre la plume, que c’est sûrement lié à l’émergence de nouvelles interrogations ou plus exactement, de nouvelles incertitudes. Je reconnais que je suis par nature, je pense, quelqu’un qui prévoit ses trajectoires dans la vie et cela peut paraître extrêmement paradoxal étant donné que je suis quelqu’un qui a peu d’incertitude dans ses bagages. Plus précisément encore, j’intègre l’incertitude dans ma manière de conduire ma vie ainsi que dans la lecture des choses qui se passent ou ne se passent pas. L’important étant d’être serein. Au fur et à mesure du temps, cela devient une sorte de dogme qui vient régir toute la manière d’appréhender le monde extérieur quelque il soit.

Ou presque. Beaucoup ne comprendront pas ou bien, ne saisiront pas l’importance de ce « ou presque » mais le fait est que j’ai fait une entorse depuis maintenant 2 ans à ce code de conduite. Sur le papier, cela peut paraître dérisoire car ce ne sont que quelques mots échangés motivés par une communication à la base très matérielle pour gérer un peu de logistique. Mais à bien y réfléchir, ce n’est pas cela l’important. Le truc qui fait que ça dénote avec tout le reste, c’est la réponse à la question du « Pourquoi? ». Et c’est bien quand j’essaie de saisir la réponse à cette question que je me dis qu’il y a quelque chose d’anormal. Ce ne sont ni des actions gratuites, ni des actions calculées dans un but précis. Je le ressens juste comme quelque chose d’important. Cela manquerait si je ne le faisais pas mais si je ne le faisais pas cela n’impliquerait pas non plus un changement de trajectoire. Peut-être pourrait-on dire qu’il s’agit d’une envie. Peu m’importe le retour. Je me rappelle d’une discussion que j’ai eue avec une amie d’une autre époque un peu sur la même circonstance. Elle m’avait dit que c’était assez déroutant vu de l’extérieur car en général dans une relation humaine, tout s’indexe sur un échange où la règle à calcul permet facilement d’établir le système d’équivalence. Avec moi, ce système d’équivalence n’existait pas… En tout cas, absolument pas de manière intelligible. Je ne sais plus exactement la comparaison qu’elle avait utilisée mais en gros, j’étais une sorte de miroir sans tain ou une sorte de trou noir… Ou bien paradoxalement, les deux réunis. Un peu comme si je naviguais dans un espace avec une dimension supplémentaire inaccessible à l’autre mais que je prenais de mon point de vue comme une évidence. Présenté ainsi, on comprend mieux le non-sens ou l’impossibilité de nouer une relation. En tout cas, pas selon des canons officielles.

Je me rappelle qu’à l’époque, cela m’avait beaucoup marqué et que ma première réaction avait été une sorte de mea culpa. Et puis le temps a passé et le sens de ce mea culpa avec. J’ai gardé à l’esprit cependant la nécessité de ne pas rester enfermé dans cette tour d’ivoire. Quitte à utiliser des options farfelues… Mais qu’importe si elles sont interprétables par l’autre.

Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu cette exigence pour moi-même. Je ne sais pas le pourquoi. Mais je sais que j’ai envie. Peu m’importe le résultat. Elle est là. Je la sens. Elle renaît même si elle, elle ne sait qu’elle est une renaissance. Même si elle ne sait pas qu’elle m’en rappelle une autre et au final, cela n’a guère de poids. J’aimerais pouvoir me transporter pour franchir la distance qui me sépare d’elle. Pourquoi faire? On n’en sait rien mais on n’a pas à s’interdire les choses car elles ne sont qu’incertitude.

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